Mai 2019 – Numéro 1

Odc #1

Le courrier des lecteurs

Un des « pères » de la Sécurité sociale, Ambroise Croizat

Dans notre article sur les ondes de choc paru dans notre numéro 1 (ODC #1), nous avons cité l’un des « pères » de la Sécurité sociale, Ambroise Croizat. Nous avons reçu les précisions suivantes de la part d’un de nos lecteurs :

« Une contre-vérité assénée depuis quasiment la nuit des temps par le PC et la CGT veut qu’Ambroise Croizat soit l’un des pères de la Sécu. C’est faux. Il ne siégeait pas dans le CNR (Conseil national de la Résistance) qui, à partir de 1943, a travaillé sur un projet de société visant à réconcilier les Français autour de quelques valeurs fortes : la Sécu. Y siégeaient les résistants de tous les bords politiques : communistes, socialistes, démocrates chrétiens, gaullistes. C’est ensuite Pierre Laroque, haut fonctionnaire et grand juriste au ministère du Travail avant-guerre, qui a été chargé de rédiger les deux ordonnances de la sécurité sociale pendant le premier gouvernement provisoire du général de Gaulle, sous la direction d’un ministre du Travail et de la Sécurité sociale qui s’appelait Alexandre Parodi. Il l’a été du 20 septembre 1944 au 21 octobre 1945. C’est donc lui qui a signé les ordonnances créant la Sécurité sociale, les 4 et 19 octobre. Ambroise Croizat ne vient qu’après et son mérite -car il en a un- c’est d’avoir obligé les cadres à cotiser dans la Sécurité sociale. Pour l’obtenir, il négociera avec eux une compensation : la création d’un régime complémentaire en points dont la création sera actée par les conventions collectives créant l’AGIRC le 14 mars 1947. Il faut rappeler à la CGT qui s’attribue volontiers le mérite d’avoir à elle seule crée la Sécu… que Croizat n’a été nommé que fin 1945 « ministre du Travail ». C’est seulement en janvier 1946 qu’il a obtenu qu’on ajoute à ce titre « et de la Sécurité sociale ».
F. Ch. Paris 15ème.